Tunnel surexposition et noircissement

Le projet ALJPHOTO: thème 2 Bouger pour lier

Pour ce thème 2 #aljphoto, #crd29, il s’agit de bouger pour lier deux sujets entre eux: mettre en scène ses images en jouant sur la position de chacun des sujets grâce à notre propre déplacement, nous photographes.

Lorsque j’ai vu cette thématique après le thème 1, j’ai eu l’impression que le niveau de difficulté avait augmenté d’un coup. En réalité, ce thème m’a paru difficile car il fait partie de mes lacunes: je photographie rarement des sujets en interaction. Cela m’arrive quand je tombe par chance sur deux sujets inspirants mais cela est très rare.

En même temps je photographie souvent deux sujets (mes deux enfants ou encore deux de mes animaux comme ici) en me déplaçant autour, en changeant d’angle de vue mais je souhaitais trouver d’autres sujets pour traiter ce thème.

J’ai laissé passer la semaine en y pensant chaque jour mais RIEN…. le vide… je n’ai rien trouvé.
Est-ce l’hiver et les sorties extérieures moins fréquentes ou bien est-ce la déprime saisonnière qui bloque ainsi mon regard photographique ?

Mercredi j’ai finalement trouvé un sujet potentiel en roulant mais plusieurs obstacles se sont présentés:

* Impossibilité de m’arrêter car :
-j’avais rendez-vous.
-c’est une voie rapide sans possibilité de se garer.

* Impossibilité de me positionner comme je le souhaitais:
-en revenant du rendez-vous j’étais dans l’autre sens, j’ai fait un nouveau passage sur la bonne voie mais la seule place pour se stationner était de l’autre côté (entrée privée de commerce).
-il aurait fallu que je traverse cette voie rapide illégalement, risquant de me faire écraser alors que j’avais enfermé mes deux enfants dans la voiture (même pas une minute et ce fût la minute la plus longue de ma vie).

Bref,je ne suis donc pas la candidate idéale pour les photos de rue ( maman au foyer ayant toujours deux enfants avec elle sans possibilité de garde) et cet exercice me l’a confirmé. Il faut aussi ajouter que j’ai une tendance agoraphobe – timide  et même si je me soigne, être seule sur ce trottoir d’une rue passante pour prendre une photo m’a paru une éternité.

Voici quand même cette photo ratée:

invincibleCe qui m’avait plu:

– la correspondance du fond bleu de l’affiche avec le pylône bleu électrique.
– la tour Eiffel tordue par le personnage face à ce pylône bien solide.

Ce qui ne va pas:

-je suis du mauvais côté de la route, je souhaitais avoir le panneau publicitaire avec la tour Eiffel sur la gauche du pylône.
-il n ‘y aurait eu dans mon placement idéal que les deux sujets panneau et pylône or il y a ici un arbre qui masque le pylône.
-la gestion de la taille du panneau illisible et en même temps ce pylône qui n’est pas entièrement présent sur la photo.

 

Au moins, cet exercice pratique d’Anne-Laure, m’a permis d’assumer ma spécificité: la photographie d’enfants.

Voici donc une photo typique et banale d’interaction entre mes deux enfants et l’historique du micropositionnement que j’effectue:

industriel rapide contre fait maison

Je voulais opposer le goûter industriel et de consommation rapide avalé passivement devant la TV (biscuits de miss) à celui fait maison ou du moins plus naturel, artisanal et assemblé maison par l’enfant lui même (on retrouve une activité inspirée Montessori) ce qui le détourne de l’écran puisqu’il est concentré sur sa tâche (tartiner avec de la pâte chocolatée).

D’abord je cadre pour préserver l’anonymat de mes enfants:
– la tête de la princesse est hors du cadre. En été, avec plus de lumière, j’aurais pu garder la silhouette entière en zoomant plus avec une pleine ouverture, ce qui aurait augmenté le flou d’arrière plan et l’aurait rendu méconnaissable.
-je me place dans le dos de mon fils.

Ensuite je m’accroupis un peu mais pas trop non plus pour garder les pieds de la princesse au-dessus de la tête du prince et ainsi séparer leurs deux corps, les deux univers.

Lorsque j’ai enfin composé, je mitraille:
-les enfants sont des sujets mouvants et j’ai rarement LA photo imaginée.
-ici par exemple, j’aurais aimé que le visage du prince ne soit pas sur la tartine et qu’il soit en train d’étaler la pâte mais il a encore des gestes trop brusques et je n’ai pas réussi ces photos là.

Cette photo n’est pas encore celle que je choisis de proposer pour ce thème 2 car je la trouve trop banale.

Je choisis donc une photo mettant en scène mon fils, sa lampe de poche et un tunnel afin d’obtenir une image avec des jeux de lumière et de matière.

Ce sera aussi l’occasion d’appliquer les conseils du dernier livre d’Anne-Laure Jacquart: Retouchez vos photos pas à pas car il y a justement page 84 un article pour renforcer matière et texture et page 86 pour les contre-jour.

Voici la photo à peine contrastée (+4) car c’est ainsi que je l’aurais traitée sans avoir lu son livre:

Tunnel contrast 4

Pour réaliser cette prise de vue de mon fils prêt à descendre vers moi, il m’a fallu:

– du courage (car je risquais de me prendre la lampe de poche sur la tête ou sur l’objectif de l’appareil photo)
– de la souplesse (micropositionnement: allongée sur le sol sur mon flanc)
– vaincre la peur ancestrale de l’homme et du photographe ayant un compact (séance sensorielle dans le noir, cela n’a pas empêché le prince de courir dans la salle)
– de la patience et de l’endurance ( mon fils n’est resté que trois minutes à cet atelier, mais chaque descente était suivie d’une remontée où je devais en même temps photographier et maintenir ce tunnel assez lourd)
– une confiance en mon modèle (c’est lui qui tenait la lampe de poche, c’est lui qui se plaçait face au tunnel, cette photo bien cadrée est réalisée grâce à son positionnement également)
– de la motivation (j’ai réalisé 32 prises pour en avoir une de bonne)
– mais surtout de la chance (la photo proposée est la deuxième prise !)

Voici maintenant les retouches matière puis contre-jour (et je replace celle à peine contrastée à droite):

Tunnel surexposition et noircissementTunnel noircissement et éclaircissement tons grisTunnel contrast 4

 

 

 

 

 

 

 

Alors une petite préférence?

La retouche Matière version Anne-Laure donne plus de punch que ma version retouchée, elle est moins fade. C’est ce qu’il fallait je pense pour valoriser l’ambiance de la photo.

Quant à la retouche Contre-jour version Anne-Laure, je suis étonnée du rendu…un peu bande dessinée…une agréable surprise.

 Je replace donc en grand ma sélection finale pour ce thème: la photo retouchée Matière :

Tunnel surexposition et noircissement

 

 

 

 

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